Please. Excite Me.

8h30
Le réveil sonne.
On ne sait pas trop pourquoi.
Après tout on est l'avant dernier jour des vacances d'été.
Ou le dernier weekend ... avant la terminale.
Toujours est-il que ce samedi matin... 2 septembre 2006... je me réveille plus motivée que jamais.
Ce matin là avec ma s½ur on se prépare rapidement.
En une demi heure on est prêtes.
On a rendez vous a 9h30 précises à la Fnac Bastille, à 20 minute sur notre ligne de métro.
Les places de Tokio Hotel au Trabendo sont en ventes ce jour là.
Probablement même déjà depuis plusieurs heures sur internet.
Mais il est tellement absolument hors de question, pour quelques raisons que ce soit, que je loupe ça.
9h25.
On est devant la Fnac.
Marion, une amie du lycée fraichement Tokio hotelisée, nous précède de quelques minutes.
On est assez anxieuses.
Deux filles nous on précédées... deux jeunes ados, on ne se parle pas. On sait de toute façon pourquoi chacune est là.

9h40.

On attend...
On est foutument en avance.
La Fnac n'ouvre qu'à 10h00.
9h48.
On discute de tout et de rien.
Quelques minutes plus tard on voit arriver de loin une fille avec un t-shirt Tokio Hotel.
9h53.
On se demande si c'est comme ça un peu partout dans les autres Fnac, Virgin parisien.
9h59.
Lol.
C'est maintenant...

10h01.
On accède à l'intérieur.
Le personnel de la Fnac se demande a haute voix si un « grand événement » se prépare.
Pas le temps de répondre.
De toute façon ils ne connaissent pas.
On fonce toute à la billetterie.

10h10.
80 euros.
Nos 3 places sont dans nos mains.

10h25.
En route vers re-chez nous.
Y'a du sommeil à rattraper.
Une putain de nuit blanche à rattraper.

Motivée j'avais dis...
Disons...
Totalement excitée
.

# Gepost op maandag 21 januari 2008, 20u10

Gewijzigd op maandag 21 januari 2008, 21u41

Please. Addict Me.

Mercredi 27 Septembre.

Un autre réveil matinal.
Des vingtaines de réveils matinaux plus tard...

Et une nuit blanche de plus derrière moi, je vais en cour subir deux heures de théorie d'art plastiques, et deux heures de philo... au moins on rattrapera le sommeil.
Ca fait des semaines que je programme un million de fois cette journée.
Cour ou pas cour ?
Bon à trois semaines de la rentrée... adjugé vendu pour Cour.
Le trajet a été revu lui aussi des millions de fois.
Place d'Italie ... Bibliothèque François Mitterrand... Gare St Lazare.
Toute la ligne 14 du sud est au nord ouest en entier.
Une vingtaine de minute.
Je finis a 12h20.
Au mieux je suis a St Lazare à 13h00.
Parfait.
Ou pas parfait.
Je ne sais pas.
Séance de dédicace de Tokio Hotel.
La veille du concert.
Pour la première fois je suis censée les voir.
Je m'en veux trop d'avoir loupée la promo de Juin pour diverses raisons...
Cette fois-ci je compte bien les voir... seule ou non.
Marion veut bien m'accompagner.
Mais finalement elle pense que c'est trop tôt d'y aller a midi et demi.
Et qu'on devrait rentrer manger et s'y retrouver vers 14h.
Après tout... la séance n'était qu'a 17h30.
Moi ... je sais pas...
Y'aura-t-il beaucoup de fan ou non ... je sais pas... j'estime au mieux dans les 200... au pire ... dans les 15.
En même temps... qui connaissait Tokio hotel ?
Certes, probablement les 500 personnes qui ont achetés les places du Trabendo en une dizaine d'heure...

Bref.
Finalement un peu honteuse d'être si ... fébrile, je rentre finalement chez moi avant d'aller à St-lazare.
A peine rentrée... bah j'arrive pas à rester calme.
Donc rienafoutre... je reprends le métro jusqu'à Saint Lazare.
Après tout au pire... j'me balade.
Je connais mal cette partie de Paris, et peut-être je rencontrerais deux trois fans aussi tarées que moi en chemin.
Albert Camus et son Mythe de Sisyphe en main, j'essaye de me concentrer sur autre choses que sur le groupe pendant les 4 minutes séparant la gare du nord de la gare saint lazare.

D'ailleurs dans ce même wagon, trois adolescentes me dévisagent ... l'air de se demander... Tokio Hotel or Not Tokio Hotel.
Finalement le train s'arrete.
Au coude à coude à la sortie du wagon l'une d'elle se lance et jette rapidement “ T''es la pour voir Tokio Hotel”, je range mon livre en même temps que mon regard hautain, et je lui réponds par l'affirmative.
Le temps de 3 escalators on se raconte tout ce qui est possible de savoir sur le groupe et comment chacune à connue.
Elles connaissent le groupe depuis des mois.
Moi un an déjà.
L'une d'elle m'apprends qu'il y'a déjà pas mal de monde, mon c½ur s'affole, mais que ce n'est pas grave parce que sa mère lui garde la place pour qu'elle ait pu aller en cour.
Ok.
Merde.
On sort de la gare.
Aucune d'entre nous ne connais le quartier, on demande à tous les passants comme si notre vie en dépendait.
Et finalement on la trouve, la Fnac.
La Fnac et son demi milliers de fan présent. Il est 14h tapante.
Je scrute la masse de fan histoire de peut-être trouver Marion... ou une autre tête connue du forum...
Personne.
Enfin si...500 fans inconnues, toutes des filles, un mélange mal assorti de divers style tel qu'Emo, la nouvelle vague vestimentaire, gothique, lolita, cloutées, rayées, étoilées, pointées, piercées, maquillées et des inscriptions partout sur le corps...

Je souffle un bon coup.
Je réalise pas que CA c'est pour Tokio Hotel.
Le groupe qui n'a d'existence sur internet que par les pubs d'agence de voyages prêtes a vous trouver des hôtels a pris modique à Tokyo... quelques sites dans la langue Schopenhauerienne, et enfin 2/3 timides sites ou forums francophones ... dédié à Tokio Hotel.
Je ne sais pas trop quoi faire.
Je retourne voire les filles croisées dans le RER.
L'une d'elle s'appelle Claire, et me propose de rester avec elle... au sein des premiers arrivés, là ou sa mère lui gardait une place.
Je dis oui.

Une longue attente de près de 4heures commence alors.
Devant nous, par une petite porte, qui n'est pas l'une des entrées principales de la Fnac, se tiennent des vigiles qui distribuent des numéros aux fans faisant la queue.
Je n'ai absolument aucune idée du monde qu'il peut déjà y avoir à l'intérieur.
En tout cas à l'extérieur il fait beau et chaud... et je me tiens contre un mur essayant désespérément de me noyer dans ma philo.
Au bout d'une petite demi heure notre groupe avance un peu ... puis encore et encore jusqu'a ce qu'on soit nous aussi dans le bâtiment.
C'est une cage d'escalier, il y fait frais.
Et environ 200 fans sont étalés sur une longueur de 3 étages.
J'ai un ticket comportant le numéro 514.
Mais je ne pense pas que ce soit exactement le nombre de personnes qu'il y'a eu avant moi.
Bref.
Petit a petit cet ambiance... enfantine, bruyante, excitée, hormonée, adolescente mais par-dessus tout féminine me bouffe peu à peu.
J'essaye encore d'avancer dans ma lecture, mais ça tiendrai du divin.
Tant mieux pour vous, et pour moi surtout...
Je suis Dieue.

Mais bon ma divine supériorité a des limites, je ne peux plus me concentrer, et je crois que c'est ce jour-là qu'est né mon titanesque travail de sociologie en ado-feminine-fan-d'un-groupe-allemand-inconnu.
Bref.
Observation. Pendant des heures, je me mis a observer les filles autour de moi, bruyantes et pépiantes, Tom ou Bill était leur nom à en croire les inscriptions au marqueur sur leur bras, visages, poitrine.
Elles étaient toutes affolement jeune.
Enfin 13/14 en large majorité.
Moi j'avais 17 ans bien consommé, d'ailleurs c'était pile mes 17 ans et 7 mois ce jour là.
Je passais mon aprem là, alors que j'avais une foutue dissert à rendre le vendredi en philo.
J'me sentais un tantinet conne.
Au bout d'une bonne heure je me sentais étouffée dans cette ambiance, je suis donc sortie faire un tour dehors, tant que j'avais mon ticket... tout allait.
La foule avait triplée.
Il devait être 15h30 en ce mercredi après midi.
25 Bon degrés à l'ombre, et près de 1000 adolescents étaient massés la... s'étalant sur trois rues et un paté de maison énorme comme il n'en existe qu'a paris.
J'aperçois dans la file... vraiment très loin, ma s½ur et Marion qui se sont retrouvées, vues ou elles sont... elles ont peu de chance de rentrer.
Les vigiles ont été transparent à ce niveau, il était impossible pour tout le monde d'y assister.
La frustration n'allait pas tardé a teintée cette journée d'euphorie juvénile.
Je rerentre dans le four.
Oui car finalement la cage d'escalier se retrouva vite submergé par la chaleur humaine de près de 300 personnes.
D'heure en heure, on avance tout doucement, les fans sont de plus en plus épuisantes, chantant Schrei a tue tête à chaque instant.
17h30...
Il commence à y'avoir du mouvement... beaucoup de mouvement... on ne reprend plus le temps de s'asseoir entre chaque nouvelles avancées tant celles-ci se font à un rythme soutenu.
On se pose la question... Ca a commencé ou non ? Comment savoir ? Personne n'a vu les jeunes stars arriver... toujours est-il qu'on avance.
Alors oui faut bien croire que CA avait commencé.
A 18h00 plus de doute...
On arrive au troisième étage... Là ou CA se passe.
Apparemment le groupe est juste derrière... quelque part... derrière.
Je ne sais pas trop à quoi m'attendre, mais comme d'hab quoi qu'il arrive... éviter la déception... donc je m'attends à ce qu'ils soient mal maquillés, boutonneux, petits, désagréable...bref tout et n'importe quoi tant que ne tombe pas de haut.
Les filles autour de moi n'en peuvent plus... moi je suis encore zen a ce niveau là.
Mais peu de minutes après je suis juste derrière la porte ... qui s'ouvre et happe 10 fans a chaque fois, je suis absolument plus pressée... je laisse même deux trois personnes me doubler.
Mes mains commencent à trembler et putain qu'est ce qu'il fait chaud.
Par la fenêtre je peux voir l'incroyable foule atteindre peut-être les 2000 personnes. Aucune réelle idée du chiffre.

Puis finalement la porte me happe à mon tour.
Bill.
Il est là, il est le premier que je vois, souriant, assis a une table installée au milieu d'étagères de livres...
Mais le tout est assez dégagé.
A sa droite se tient Georg le cheveu lissé, puis Tom, Dieu, puis Gustav... qui sourit et signe à la chaine.
Sur diverses pancartes il est écrit les diverses interdictions... mais je ne vois plus que cette table, entre mes mains mon appareil numérique est moite de sueur, et j'avance à mon tour vers les tables.
Je vois que tout ce joue en quelques secondes. Merde j'ai rien a faire dédicacer... Je voulais juste les voir un peu... une signature c'est l'infime cadet de mes soucis ; mais finalement au moment de passer je sors un de mes carnet de croquis et le lance a Bill sur la table alors qui attends son bout de truc a signer, mon appareil en main je tente de prendre une photo, mais je tremble trop, le flash ne part pas, Bill me sourit un peu désolé et signe une des pages blanches du carnet avant de la passer à Georg et enfin mon foutu appareil se déclenche... Bill re-souri, mais il est temps que je passe à Georg, mon appareil refait des siennes, et déjà le carnet est chez Tom.
Là ENFIN je prends une photo dans les temps et j'ai un joli sourire du guitariste...et enfin Gustav signe a son tour mon carnet, et me souris pour la photo... Et...Et...

Et j'me retrouve dans un couloir et une cage d'escalier adjacente... sans même savoir comment, et là je vois a tous les étages, sur toutes les marches, des filles pleurantes d'emotions, j'imagine, qui se sont écroulées a peine sortie du lieu de dédicace.
Moi j'ai aucune envie de pleurer. Et surtout une fierté a tout épreuve... je suis juste énormément euphorique... un truc sans nom... jamais éprouver avant...
Je sors et me retrouve une fois encore dans cette énorme masse de fan, je cherche ma s½ur sans pouvoir la trouver, au final je tomberais sur des gens du forum tel que Lor, Lucas et Mathilde qui en sortait aussi, le visage baigné de larmes serrant sa gratte fraichement dédicacée, je saute sur Laure, pleine de joie trop contenue... en répétant sans cesse « Putain c'était magnifique, Putain ils étaient magnifiques... » et dire que ça a duré ... une putain de demi minute.

Finalement je retrouve ma s½ur et Marion, toujours sur mon nuage, je lui raconte chaque détails de la demi minute, désolée pour elle qu'elle ne puisse pas les voir, parce qu'effectivement plus tôt dans l'après midi on a annoncé aux filles qu'elles ne rentreraient surement pas dans le bâtiment parce qu'il y'avait tout simplement trop de monde...et qu'en aucun cas les Tokio Hotel avait prévu une after nocturne a la Fnac.

On attend tout de même que ce soit réellement fini...
Et enfin à 19h30, après que les filles aient apparemment foutu un bordel monstre dans la Fnac, les 3
Vans noirs du groupe sortent par la porte de parking de la Fnac, assaillies une fois encore de fans inconscientes mettant tout un tas de vie en danger, avant de s'en aller au loin.

Ce soir là en rentrant chez moi avec ma s½ur, ayant refait pendant le trajet mille fois cette journée, je sais déjà qu'une foutue nuit blanche m'attends.
Impossible de dormir en pensant à ce que une demi-minute a pu déclencher en moi.
Alors un concert entier.
Putain.


# Gepost op maandag 21 januari 2008, 20u48

Gewijzigd op dinsdag 22 januari 2008, 08u41